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    "ReporTerre de l'Espoir..." (06.11.2016)

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    Facebook me redonne à lire dans mes souvenirs du jour ce texte écrit il y a un an ... pour moi, il est toujours pleinement d'actualité.

    Pour mon anniversaire, il y a peu, j'ai revisionné : "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain". Une nouvelle fois, je me suis dit : "Qu'est-ce qu'on se ressemble !". Si je devais incarner une héroïne de cinéma, sans hésiter, ce serait elle.

     

     

     

     

                                                    "ReporTerre de l'Espoir..."

     

     

    Aujourd'hui, en pleine urbanitude, j'ai eu la chance de traverser un moment de grâce. Grâce au timing parfait de ma coach en transports parisiens, j'arrive Gare de l'Est un peu en avance avec ma valise à montgolfières.

    En haut de l'escalator, je suis happée par un flot de musique et un attroupement. Par je ne sais quel miracle, un piano électrique est là, mis à disposition de qui veut par la collectivité. Deux jeunes méditerrannéens improvisent à 4 mains sur le clavier, leurs bagages à leurs pieds. Sous leurs doigts, la "Lettre à Elise" prend une tournure jazzy et d'autres morceaux classiques ou ethniques sont revisités avec la même fluidité.
    A côté du piano, une mamie en fauteuil roulant, le regard dans le lointain, suit le concert en bougeant ses mains âgées comme un chef d'orchestre. A côté de moi, un bébé sourit aux anges.

    La magie de cet instant m'étreint tellement fort que je sors mon portable pour la partager vivante avec un ami (j'en zappe l'achat de mon sandwich et en rate presque mon train, que j'attrape de justesse ).

    Ca se passe ici sur la Terre, un dimanche 6 novembre vers 17h20, au milieu des SDF, des migrants qu'on renvoie par bus entiers, de la famine, des bombes qui pleuvent un peu partout, et de toutes les réalités sordides qu'on connaît tous grâce au matraquage médiatique.

    Je le raconte parce que sous mes airs d'ovni bisounours, et même si je n'écoute pas les infos officielles, je suis parfaitement informée de l'état de ce monde, et je n'en oublie pas la moindre horreur quand j'assiste à des scènes comme celle-là.

    Je le raconte parce que j'ai souvent l'impression de tirer mes fusées éclairantes et mes bouquets de feux d'artifice dans un ciel noir de pessimisme qui a bouffé toutes les étoiles.

    Comme pour chacun d'entre vous, la peur, la colère, le désespoir et la générale Impuissance viennent chaque jour me quémander leur part d'attention, et jour après jour je m'entête à leur dire NON, à me détourner de leur meute et à croire un autre monde possible.

    Alors oui, c'est peut-être peu à l'échelle planétaire, une enclave d'harmonie parfaite et spontanée Gare de l'Est, mais chaque fois que je vis un instant comme ça, je me sens milliardaire et je vibre comme une corde parce que je ressens que ma vie a du sens.

    Je veux passer ma vie à collectionner ces instants-là, ces pépites de lumière, ces trésors d'humanité, et pouvoir dire heure H à ceux qui me demanderont : "Qu'as-tu fait de ta vie ?...
    -Je ne sais pas ce que j'ai "fait', mais j'ai filmé ça quand j'étais reporTerre..."

    Et alors je sortirai de mes archives ces instants de grâce, et je sais que j'aurai accompli l'essentiel de ce pour quoi je suis venue.

    La musique permet ça, mais chacun de nous peut le permettre aussi, s'il laisse la magie de l'espérance passer à travers lui, elle.

    Ca ne demande pas un effort considérable ou des actes démesurés. Ca demande juste d'y croire et de le laisser être.

    Aussi, je vous souhaite la magie de la vie et dans vos vies, quel que soit son visage pour vous, pour aujourd'hui comme pour demain... 

     

     

                        Merci   à tous ceux qui auront lu jusqu'ici

      

     

     


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